Aux origines de Saint-Pabu

Étymologie de « Saint-Pabu »

Le nom Pabu, issu de Papu (variante du vieux breton papa ou père), désigne un supérieur monastique. Pabu est le génitif de Papa, ce qui a entraîné une confusion historique avec le mot pape, que la légende attribua à tort à Saint Tugdual.

Saint Tuwal (également appelé Tugdual, Tudal ou Tual), fondateur de l’ancien évêché de Tréguier, serait né au IVe siècle dans l’actuel Devon (anciennement Devonshire), en Cornouailles anglaise. De sang royal, il se consacra très tôt à Dieu. Son engagement et sa sainteté amenèrent ses compagnons à l’élire abbé.

Selon la légende, sur les conseils d’un ange apparu en songe, il partit en Petite Bretagne avec 72 de ses plus fidèles disciples. Parmi eux se trouvaient sa mère, Sainte Pompeia, sa sœur Sainte Sena (ou Sève), ainsi qu’une pieuse veuve nommée Maelhen.

Arrivés dans la baie des Blancs Sablons, sur la côte du Léon, ils établirent leur premier ermitage à une demi-heure de marche de la baie, au lieu-dit Lann Pabu — aujourd’hui Trébabù. Toujours selon la légende, Saint Maudez, qui aurait été un disciple de Tugdual, fit construire un sanctuaire et lui donna le nom populaire du saint fondateur : Pabu.

C’est autour de ce sanctuaire qu’un village se forma, à l’origine de la commune actuelle.


Le Plan patrimonial

La commune a édité en 2012, avec l’aide précieuse de Guy Dantec, auteur des recherches, un recensement des éléments patrimoniaux qui jalonnent son histoire. Ce document inclut un plan illustré des itinéraires de balades à travers le territoire, enrichi de nombreuses photos, dessins et commentaires.

Accessible à tous, ce plan permet de découvrir, au fil des chemins communaux, des lieux méconnus et des trésors cachés de Saint-Pabu.


Le « trésor de Saint-Pabu » ou trésor de Meznaod

Le 26 février 1889, des carriers exploitant un bloc erratique dans une parcelle appelée Mejou-Radennoc — près du lieu-dit Pont ar Roudouz et du village de Meznaod — mirent au jour, à seulement 30 cm de profondeur, une tuile recouvrant les restes d’un coffret en bois.

Ce coffret renfermait un trésor exceptionnel : entre 10 000 et 11 000 pièces de monnaie, soit 61 kg de numéraire en excellent état, datant de l’époque des empereurs Valérien II (255-258) à Constance II (324-361).

Le propriétaire du champ, M. Le Gourvénec, alors maire de Saint-Pabu, récupéra l’ensemble du trésor. Peu après, de nouveaux travaux révélèrent, à 40 cm de profondeur, un lot de trois vases en argent. Malheureusement, ces objets furent partiellement détériorés par leurs découvreurs, déçus de ne pas avoir trouvé davantage de pièces.

L’archéologue Paul du Chatelier, venu sur place quelques jours plus tard, acheta pour son compte les trois vases ainsi qu’une partie significative du trésor monétaire.

Ce trésor figure aujourd’hui sur le blason officiel de la commune de Saint-Pabu.